22.09.2007
REVU ET CORRIGE : AFFAIRE CLASSEE
Dimanche 16 septembre 13h15 : je suis au rendez-vous de la nouvelle émission de Paul Amar sur France5 « Revu et Corrigé ». C’est l’émission qui est censée remplacer « Arrêt sur Image » de Daniel Schneidermann.
Le début est prometteur. Paul Amar nous annonce «un magazine sur l’actualité, mais aussi sur la façon dont les média la présente (…) le rôle des média dans nos sociétés contemporaines. Ces média sont-ils aussi neutres qu’on le dit ? Quelle est leur responsabilité dans la perception que l’on peut avoir de l’actualité ? Ne sont-ils pas instrumentalisés ?... »
Ca sent l’analyse profonde, le chamboulement des idées reçues, l’anéantissement du bien pensant, la révolution en direct !
Mais la déception va très vite se faire sentir. Un dispositif digne de celui d’Ardisson, de Ruquier ou de Fogiel (oserais-je Cauet ?!) Grand plateau design, lumineux, le présentateur trône au centre, ses invités sont répartis à sa droite et à sa gauche sur un bureau en demi lune. Il y a les « pour » et les « contre ». Original ! Le tout enveloppé dans des gingles Ardissoniens pur jus !
Et là, grande innovation : le public est là pour poser des questions en plus des téléspectateurs qui peuvent laisser textos et mails en direct !
Moralité au lieu d’un débat creusé par quelques protagonistes et spécialistes rassemblés autour d’un sujet, d’une analyse en profondeur attaquée sous plusieurs angles, on assiste à un magazine qui oscille entre « 7 à 8 » de TF1 et les émissions de Delarue.
Les sujets (bateaux) semblent pris très au sérieux puisque c’est maître Laurent Gerra qui vient donner son avis éclairé et tellement révolutionnaire ! Le public pose toujours les mêmes questions convenues qui ne font en rien avancer le débat. Un invité témoins/victime vient amener sa dose d’émotion et de sensationnel. Paul Amar lance des reportages filmés façon série policière avec un sourire de speakerine complice.
Mais où peut être l’analyse éclairée quand les sujets sont ainsi mis en scène pour tenir en éveil les sensations primaires du spectateur au lieu d’éveiller son sens critique ? Ah, Audimat, quand tu nous tiens !
Bref, j’essaie de tenir jusqu’au bout mais c’est dur. J’éteins mon téléviseur une heure trente plus tard et je fonce sur internet prendre des nouvelles d’ Arrêt sur Image ! Si vous étiez fan vous connaissez sûrement les nouvelles fraîches ; pour les autres allez voir là.
Mais on m’a appris à laisser aux gens le bénéfice du doute, à toujours leur laisser une seconde chance. Alors c’est ce que j’ai fait. Comme demain, dimanche, je travaillerai (oh, sacrilège ! si Jacques Martin m’entendait !) j’allume mon téléviseur à 19h sur France 5 pour la première diffusion du deuxième numéro de « Revu et Corrigé ».
Je n’en crois pas mes yeux ni mes oreilles ! Les sujets racoleurs par excellence : les relations entre les politiques et les magazines people, l’émission dont on nous a bassiné les oreilles depuis la rentrée dans tous les journaux de toutes les chaînes « Kid Nation » (oui mais là, attention, il y aura un spécialiste psychologue de l’enfance… ou un truc du genre !).
Premier sujet, donc, les paparazzi et les magazines people. Qu’est-ce qu’on va encore perdre son temps à philosopher sur ces magazines people de merde (oui, ça y est, je suis énervé !) et leur faire de la pub ?
Ces journaux cherche à faire du fric en exploitant les bas instincts de la nature humaine, un point c’est tout. Je me fous de savoir si ils sont fiers d’eux, s’ils ne sont pas contents d’avoir un procès au cul (quand je dis des gros mots c’est que la colère monte encore d’un cran !)… Arrêtons de chercher à comprendre leurs motivations, à leur chercher des excuses… « Il y a du public en demande » se défendent-ils. Mais il y a aussi des gens qui veulent trouver de la drogue ; est-ce que c’est pour ça qu’on en trouve dans les rayons des supermarchés ?!
Ils essaient de défendre leur honneur en disant « oui, mais un jour ils sont venus nous chercher pour faire des photos de leur famille et maintenant ils font les fines bouches quand on les surprend avec leur amant ». Même si je ne comprends pas la démarche des politiques (et autres « people ») qui vont chercher ces prédateurs qui se disent « journalistes de divertissement », il y a cependant une chose qui me paraît falloir respecter tout de même : le consentement ! Et oui, un jour ils ont dit « faites des photos » et le jour d’après ils ont dit « je ne veut pas, en revanche, que vous fassiez ces photos-là ». C’est leur droit. Alors quelle est la loi qui autorise ces charognards à entrer par effraction dans la vie des gens ? Où est le respect que l’on voudrait ensuite inculquer aux enfants et aux adolescents à l’école et ailleurs, alors que des adultes accomplis en manquent férocement ? Je suis désolé, mais si j’invite quelqu’un chez moi un jour, ça ne l’autorise en rien à entrer une nuit par la fenêtre pour venir pillier mon frigo ou s’installer avec ses potes devant mon ordinateur !
Alors : journalistes ou simples hommes d’affaires avides et cyniques ? La réponse est claire, inutile de nous bassiner à longueur d’année avec ce sujet. « Nous faisons de la presse de divertissement ! » lance, triomphante, l’invitée au brushing impeccable et un peu trop blond pour être honnête. Ne serions-nous pas ici en présence d’un oxymoron flagrant ?
C’est dingue quand même, j’ai réussi moi aussi à faire un quart de ma note sur les magazines people ! Bon de toute façon, cette fois-ci au bout de quinze minutes j’ai craqué. J’ai zappé… j’ai zappé par mégarde (si, si, je vous jure !) sur TF1. Un magazine d’actualité sur… les paparazzi ! AU SECOURS !!!
Paul Amar, bonne chance à vous dans le « magazine de divertissement ». Moi je vous quitte définitivement et vais m’abonner à la chaîne de Schneidermann sur internet. Oui, je vais payer un accès internet ! Mais j’ai eu plusieurs années d’essai gratuit sur une chaîne publique, et j’en ai été très content. Donc je paierai avec plaisir !
La télé, demain, j’arrête.
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18.09.2007
LA JOURNEE SANS SARKOZY
Vous trouverez dans les initiatives de la colonne de gauche le lien vers une page parlant de l'association R.D.T. qui propose « une journée sans Sarkozy ».
Certains disent que c’est une idée bidon, d’autres (évidemment proches de la majorité) trouvent que c’est une initiative sectaire et poujadiste.
Je n’irai pas dire que je ne trouve pas que la proposition d’une journée (en l’occurrence le 30 novembre) où le président n’apparaîtrait pas dans les média n’a pas un petit côté absurde et que l’efficacité d’une telle démarche n’a pas ses limites.
Mais ce qui saute au yeux c’est qu’elle est révélatrice d’une réalité : le président est omniprésent sur tous les fronts et donc dans tous les média. Ses ministres et secrétaires d’Etat sont régulièrement interviewés pour justifier de leur fonction et de leur action, vu que le président intervient toujours en premier sur les questions qui les concernent. Et quand ce n'est pas dans cet ordre-là que les choses se passent, on les voir deux fois plus ! (il n'y a qu'à voir les répercutions médiatiques de l'annonce de Fillon au sujet des régimes spéciaux de retraite).
En bref, le président et son gouvernement ont une tribune libre sans limite de temps. Et quelle tribune a l’opposition en comparaison ? Bon, c’est sûr qu’il faudrait qu’elle ait des choses géniales à dire et des propositions inspirées et pertinentes à faire ; et là y'a du boulot, vu la débandade à gauche ! Bon, c’est un autre problème... Cependant ce qui est sûr c'est qu'il y a un déséquilibre évident entre les forces politiques de ce pays.
La journée sans Sarkozy n’est peut-être pas la solution. Mais cette initiative a au moins le mérite de nous faire nous interroger sur la question. Et que ceux qui la trouvent nulle ou déplacée se demandent pourquoi certains ont jugé à propos de la suggérer !
Alors oui, il faut plus de démocratie dans les média de ce pays ou alors la rumeur d’un Sarko-Berlusconi à la tête de la France ne se taira pas de si tôt !
PS : Et pour contrebalancer l’hyper positivisme qui a gagné les sondages et les média vis-à-vis de notre président, allez faire un tour sur ce lien http://video.google.fr/videoplay?docid=-68807... : c’est aussi une mise en scène de parti pris mais à l’inverse de celle qu’on nous sert depuis des mois. Ce montage date de l’époque de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur du gouvernement Chirac/Villepin ; cependant elle en dit long, même si elle enfonce le couteau toujours dans la même plaie... mais la plaie existe !
Ah, il en a pris des cours de self control, de relaxation et de sémantique depuis !
PPS : un article intéressant sur le sujet http://www.acrimed.org/article2709.html
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